Photographies et récits d'évènements météo et de nature
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lundi 13 octobre 2014
Orages et crues des 10 et 11 octobre 2014 dans le Gard
Cet automne 2014 a décidément envie de nous rejouer la même partition ! Vous avez pu vous en rendre compte : les orages ont à nouveau fait la Une de l'actualité ces derniers jours. Retour sur l'évènement tel que je l'ai vécu.
En quelques minutes je suis enveloppé par un véritable déluge, les intensités sont phénoménales et les fossés débordent au bout de quelques minutes à l'entrée de Lézan. Heureusement les orages sont pour l'instant mobiles et ne causent pas de gros problème...
Après un détour par Sommières je vais jeter un coup d'oeil au Rhôny à Calvisson.
mardi 30 septembre 2014
Seconde crue du Vidourle en onze jours. 29 septembre 2014
Salut !
Il fallait s'y attendre : le Vidourle a une nouvelle fois envahi les rues de Sommières hier soir en liaison avec l'épisode diluvien qui a concerné la région de Montpellier (entre autres). Cette fois-ci, les Cévennes ont été quasi épargnées, c'est le moyen bassin versant qui a été touché par les fortes pluies avec des cumuls supérieurs à 100 mm en quelques heures dans les secteurs de Vic, Montmirat, Montpezat, Sommières...
Le fleuve est certes monté moins haut que le 18 septembre dernier (3.71 m hier contre 4.45 m il y a 11 jours) mais cet enchaînement de crues n'était pas arrivé depuis plusieurs années.
Deux images d'hier soir lors du pic de crue vers 23h00.
Le quai Gaussorgues en partie submergé avec le pont Tibère en arrière plan :
Une des rues de la vieille ville transformée une nouvelle fois en Venise temporaire :
La suite de l'automne reste à surveiller attentivement car :
- les deux épisodes des 15 derniers jours ont totalement saturé les sols,
- la configuration météo actuellement modélisée par les modèles de prévision numérique laisse entrevoir de possibles épisodes de fortes pluies sur le Languedoc la semaine prochaine. Tout cela reste totalement incertain étant donné l'échéance lointaine mais c'est un signal qui doit inciter à la vigilance.
Situation à suivre...
A bientôt.
Vincent
samedi 20 septembre 2014
Forts orages méditerranéens du 20 septembre 2014 dans le Gard
Salut :
A peine remis de la vidourlade de la nuit du 17 au 18 septembre (voir le billet dédié : http://vincentlhermet.blogspot.fr/2014/09/vidourlade-des-17-18-septembre-2014.html),
me voilà de retour sur les routes pour aller traquer ces orages
méditerranéens d'automne, si particuliers, si beaux mais si dangereux
aussi.
Cette fois-ci je suis resté en dehors des précipitations
qui s'acharnaient sur le bassin d'Alès (avec d'importantes inondations à
la clé) mais j'ai été servi en terme de foudre !
Je
quittais Sommières vers Minuit, alors qu'un système orageux était en
train de se mettre en place sur les premiers contreforts des Cévennes,
de Saint-Hippolyte-du-Fort à l'Ardèche en passant par Alès.
Pas
grand chose à me mettre sous la dent à Saint-Hippolyte : quelques fortes
averses mais pas d'activité électrique proche. Par contre le plafond
nuageux était sans cesse illuminé par des orages sévissant plus au NE en
direction d'Alès et de l'Ardèche. Je décidais alors de me décaler et
d'aller me positionner dans le secteur entre Lézan et Lédignan, au
dessus de Cardet, avec une vue dégagée vers le Nord et le Nord-Est.
Arrivé sur place je pouvait en effet observer les orages vers le Nord du Gard et l'Ardèche. J'étais situé à la pointe Sud-Est de ces orages une nouvelle fois rétrogrades : la position idéale car proche de l'éventuelle zone de naissance des cellules et en dehors des précipitations, l'idéal pour voir de la foudre !
Vers 2h00 je pouvais observer des bourgeonnements illuminés par les éclairs intranuageux, une nouvelle cellule était en train de se mettre en place entre Alès et le Mont Bouquet.
2h10 : les premiers
coups de foudre se manifestaient. Des éclairs surpuissants et très
lumineux, si bien que je surexposais plusieurs photos malgré un
diaphragme fermé à F9 et F10 !

Les
impacts étaient systématiquement multiples, avec un nombre
impressionnant d'arcs en retour : jusqu'à 6 ou 7 rallumages ! Si bien
que certains impacts duraient près d'une seconde. Extraordinaire !
2h17 : des impacts ramifiés en air sec !
2h25 : sans prévenir, bam ! Un impact bien plus proche (1 ou 2 km) là aussi avec un nombre impressionnant d'arcs en retour et mise à feu d'un arbre. Je râle un peu qu'il soit tombé en bordure de mon cadrage mais bon, je suis quand même aux anges. C'est véritablement la première fois que je vois de tels impacts en air sec sous un orage méditerranéen d'automne où les éclairs sont quasi systématiquement noyés dans la pluie ou les nuages bas !
2h35 : l'activité s'est un peu éloignée mais s'est considérablement renforcée : tous ces impacts sont tombés simultanément. C'est la folie.
2h37 : le pilonnage continue

Puis
c'est l'accalmie relative, la zone de foudroiement s'éloigne nettement.
Les impacts lointains continuent longuement d'illuminer le ciel. Je
décide quand même de patienter et j'ai bien raison...
Vers 4h00
une nouvelle cellule éclot sous mon nez, des intranuageux illuminent une
rideau de précipitation très proche. je me dis que ça va le faire et...
4h01 : bim, deux coups de foudre bien ramifiés et proches, le rêve pour le photographe.
Vont s'en suivre 10 minutes de folie kéraunique pure, c'est le jackpot ! Je photographie depuis l'intérieur de la voiture car la foudre est assez proche et quelques gouttes tombent.
4h02 :
4h03 : double impact magnifique
4h04 : le ciel se déchaine. L'impact de droite tombe sur un arbre (peuplier ou grand cyprès).
4h05 : encore un puissant impact traversant les nappes de nuages bas. Que c'est beau !
4h06 : le bouquet final avec ces 4 impacts simultanés. Remarquez les multiples branches de ramifications semblant surgir des nuages bas sur la droite du cliché :

Puis
la pluie m'enveloppe rapidement avec le décalage des orages vers le
Sud. Il continue d'y avoir des impacts proches mais désormais
inphotographiables. L'un d'eux provoquera un énorme court-circuit sur la
ligne Haute Tension proche avec l'apparition d'une énorme sphère verte.
C'est
le point final d'une semaine de folie sur le plan météo en Languedoc,
avec des orages surpuissants amenant malheureusement leur lot de pertes
humaines et de dégât matériels. Ces épisodes sont littéralement
fascinants : de la puissance brute à l'état pur !
Les USA ont leurs supercellules tornadiques, la Méditerranée a ses orages d'automnes dantesques.
Maintenant place à un peu de repos...
A bientôt
Vincent
mercredi 3 septembre 2014
Archives : vidourlade du 30 octobre 2010 à Sommières
Salut !
Nous sommes entré dans le mois de septembre. Même si les prochains jours s'annoncent calmes, la "saison à risque" sur le plan des inondations commence autour de la Méditerranée.
Sans tomber dans la psychose, il est bon de garder ce fait à l'esprit et d'avoir une véritable culture du risque dans nos régions exposées : tôt ou tard, d'autres inondations auront lieu, autant en être conscient et y être préparé.
Aujourd'hui je vous propose de revenir sur la dernière vidourlade en date (sous-entendu, crue du Vidourle ayant provoqué des débordements dans le centre de Sommières).
C'était il y a déjà 4 ans, le 30 octobre 2010. Retour sur évènement, je reposte un reportage que j'avais fait à l'époque.
Première vidourlade suivie sur le terrain pour ma part ! Il fallait
bien que ça arrive, les crues de ce fleuve capricieux font partie du
patrimoine de cette région située entre les Cévennes et la Méditerranée.
Celle-ci
aura été très modérée, mais aura tout de même atteint les premiers
niveaux d'inondation à Sommières. Elle est le résultat de précipitations
ayant atteint les 180-200 mm en une dizaine d'heures dans le secteur de
Conqueyrac-Sauve.
Les photos sont par ordre chronologique.
Certaines sont prise avec un Iphone, d'autres avec mon reflex d'où les
différences de qualité.
14h00, en arrivant vers Quissac par la route de Nîmes : le Crieulon (affluent du Vidourle) en crue :

Premières routes coupées... :

14h15
: Le Vidourle en pleine crue à Quissac. 3.22 m au moment de la photo,
il atteindra 3.45 m au maxi. Les habitants surveillent :

Le Vidourle à Quissac :

Je remonte vers l'amont, sous de très fortes intensités pluvieuses, pour arriver à Sauve.
Le
village est situé au pied d'un massif calcaire (karst), véritable
gruyère parcouru de rivières souterraines qui rejaillissent pour partie,
au coeur du village, au pied d'une falaise par le biais d'une
résurgence de type "vauclusienne".
Il est 15h00, petite vidéo de
cette résurgence qui débite à plein régime. En été à cet endroit il y a
juste une dépression avec une petite flaque d'eau, là c'est jacuzzi géant.
Cette
eau (premier plan) alimente ensuite le Vidourle (second plan). A noter,
l'emplacement judicieux de la maison pour les amateurs de sensations
fortes en automne... :

Je
redescends ensuite vers Sommières. A la base je devais filer à
Marseille pour le match mais vu les seaux d'eau je renonce avant
d'arriver au péage de Gallargues. Le match sera d'ailleurs annulé en
raison de la pluie...
15h45 : Le Vidourle est en légère crue
(côte 1.15 m), à comparer avec les photos du début de nuit. Le pont
romain de Sommières en a vu d'autres...

16h30
: un peu plus en aval, route coupée entre Aubais et Villetelle. Le pont
submersible porte bien son nom aujourd'hui puisqu'il est sous l'eau...

Ayant
renoncé à descendre à Marseille, je remonte sur Sommières histoire de
manger un bout et de voir comment la situation évolue. Le Vidourle monte
lentement. Les élus et services techniques sont sur le pont pour
surveiller tout ça.
Peu avant 19h00 : la sirène de la ville sonne
pour prévenir les habitants. En effet le fleuve est à 2.8 m et dès 3
mètres les premières inondations sont constatées dans les rues basses.
Pour
ceux qui ne connaissent pas, la particularité de Sommières est d'avoir
l'ensemble de son centre historique en zone très inondable, avec de
l'eau dès les crues moyennes comme aujourd'hui (et plus de 4 m d'eau
dans les rues lors des crues records comme en 2002).
Ambiance :
19h45 : le fleuve atteint le seuil fatidique des 3 mètres :

L'eau commence à sortir sur les points bas du quai de la Grave :

20h50 : 3.3 mètres... Le Vidourle prend ses aises sur les quais :

21h00 : la place du Marché, coeur de la ville médiévale, commence à être inondée :
La même place 1 heure plus tard :

Nous sommes au pic de crue, durant 1 heure le niveau tourne autour de 3.45 m...
Place du marché vers 22h00 :
Le
pont romain... pour relativiser cette crue, en septembre 2002, lors de
la Vidourlade record, l'eau passait par dessus le pont...

Les quais vers 22h00 - 22h30 :

On voit qu'on est vraiment à l'extrême limite d'un débordement bien plus problématique :

Les rues basses de la ville médiévale prennent un air de cité lacustre...

Les journalistes TV sont venus faire quelques images...

Pour finir, la place des Aires en rive droite, elle aussi légèrement inondée...

En
conclusion : une vidourlade très "classique". L'eau est montée
lentement, les habitants avec qui j'ai discuté n'étaient pas trop
inquiets car ils sont habitués et ont vu bien pire. Dès que la sirène a
retenti, les rues se sont remplies, les gens venaient se balader en
famille, prendre des photos, surveiller le fleuve tout en plaisantant
entre eux (et en râlant contre la vigilance : "à force on n'y crois
plus").
Ambiance loin d'être tendue (sauf pour les 2-3 commerces ayant pris un peu d'eau), les gens buvaient leur pastis tranquille en terrasse, avec l'eau au ras du quai mais tout le monde savait que ça ne monterait pas plus haut que 3.5-3.6
mètres, il ne pleuvait plus, même en amont, donc pas vraiment de réelle
inquiétude pour les habitants habitués à tremper de la sorte tous les 3
ou 4 ans... Une petite piqure de rappel salutaire en quelque sorte...
(Nota septembre 2014 : 4 ans que Vidourle n'a pas rendu visite à la place du Marché).
A bientôt
Vincent
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Pays/territoire :
Sommières, France
samedi 23 août 2014
Archives : coup de foudre du 7 août 2004 sur la cathédrale de Mende (48)
Salut !
Vu que le temps est calme en ce moment, je continue avec les archives.
Aujourd'hui je vous propose la vidéo d'un puissant coup de foudre tombant sur le clocher de la cathédrale de Mende (Lozère) lors d'un orage orographique le 7 août 2004. Montez le son !
A bientôt.
Vincent
Pays/territoire :
Mende, France
samedi 16 août 2014
Archives : Nuit de folie en Lozère. Foudre à gogo le 7 Août 2013
La journée avait mal débuté : misant sur une activation d’orages
préfrontaux je montais au Truc de Fortunio (1551 m d’altitude, point
culminant de la Margeride) dès 16h30. Là haut, ciel voilé, vent de Sud
sensible et fraîcheur, sans parler de l’invasion de nuages parasites
vers 19h00. Dégouté ! J'allais pourtant vivre une "nuit bleue" de folie,
mais ça je ne le savais pas encore. Ah le charme des orages où rien
n'est acquis, ou perdu, d'avance.
Après avoir photographié des chevreuils et un faucons crécerelle pour patienter, je décidais finalement de descendre sur le point de vue des Bondons afin d’attendre l’approche du gros MCS qui transitait entre Tarn et Hérault (sans trop d'espoir). Sur place je retrouvais Seb du valdo et sa copine (après avoir erré sur le Causse de Sauveterre à la recherche d'un point de vue que nous ne trouvâmes jamais... David Vincent style !)
Ce premier orage fût « catastrophique » d’un point de vue photo et sensations : nous étions dans la pluie stratiforme, vent dans la figure. Seulement 2-3 impacts lointains. La misère… Je m'en doutais. Soirée fichue...
00h47 : en fin d’orage je réussissais une photo montrant plusieurs impacts ascendants à partir d’antennes de télécommunication, sous la pluie stratiforme… Oui pas de quoi me satisfaire. Le point rouge au milieu est la tour Télécom de Fortunio, où je finirais la nuit. On devine un ascendant, masqué par les précipitations.

Retour sur Mende bien dégouté par la tournure des évènements. Mais à peine arrivé, Séb me téléphonait en me disant de regarder les radars : de puissantes cellules se reformaient sur le Tarn et prenaient la direction de la Lozère ! Après pas mal de tergiversations je décidais de foncer à nouveau vers le Truc de Fortunio, avec son panorama exceptionnel vers le Sud-Ouest et l’Ouest.
A peine arrivé les premiers impacts se manifestaient, en limite de l’Aveyron et de la Lozère ! Il s’agissait pour la quasi-totalité de puissants coups de foudre à impulsions multiples. J’assistais d’ailleurs à l’allumage d’un feu sur les contreforts de l’Aubrac suite à un coup de foudre se rallumant 4 ou 5 fois : hallucinant !
3h30 : illustration de cette pile électrique me fonçant dessus. Les nuages bas dans les vallées apportent une touche supplémentaire je trouve.

3h38 : base surbaissée et aspiration des stratus par le monstre. On devine nettement les nuages bas littéralement aspirés par les courants ascendants de la cellule. Fabuleuse ambiance depuis mon nid d’aigle !

3h42 : coups de foudre ramifiés. Je suis aux anges, même si c’est un peu lointain.

3h50 : tous ces impacts sont tombés en moins d’une seconde. C’est un déluge de foudre ! La base nuageuse ne s’en laisse pas compter.

4h05 : l’orage se rapproche mais en faiblissant d’un point de vue foudre. Snif…

Quelques minutes plus tard je suis avalé par un déluge de pluie et de petite grêle (1 cm max). Ce premier orage s’évacue vers le NE. Mais déjà son petit frère se présente au Sud-Ouest, toujours pile sur ma trajectoire ! Il est tout de même moins riche en foudre...
4h25 : l’activité électrique reste toutefois apte à assouvir mon plaisir de passionné de foudre

4h29 : la base nuageuse prend une forme de nuage en rouleau.

4h39 : il se rapproche petit à petit. Je suis toujours au sec, les coups de foudre sont toujours aussi nets ! Un régal

Puis je suis une nouvelle fois pris d’assaut par la grêle (toujours de petite dimension) et la pluie. Mais que vois je ? Encore une cellule qui débarque par le Sud-Ouest ?! Parfait, on ne va pas se plaindre ma foi !
Je pars sur le sommet voisin, le signal de Randon pour tenter des compositions avec la tour télécom au pied de laquelle je me trouvais précédemment. Mais je me rends vite compte que cet orage est encore plus riche en foudre, cette fois ci bien plus proche, que les précédents.
5h04 : le déluge keraunique continue. A gauche la tour Télécom. Le plafond nuageux est exquis.

Devant la beauté des coups de foudre je décide de retourner sur mon point de vue en balcon. La foudre s’abat sur le lac de Charpal (une de mes photos rêvée) mais il faut marcher 150 mètres pour avoir cette vue, le long d'une clôture métallique en crête donc je décide de rester vers la voiture par mesure de prudence (oui il m’arrive d’être un peu prudent des fois…)
5h14 : la vallée du Lot et les hauteurs de Mende se font pilonner. C’est le début de 5 mn de folie furieuse. J’ai rarement vu autant d’impacts en 5 mn.

5h15 : je décide de cadre le champ d’éoliennes de la Boulaine et bim ! (Dommage pas d’impact sur les machines)

5h16 : les impacts sont violents. Là aussi à impulsions multiples :

5h17 : sans commentaire... je commence à me faire tout petit. D’autant plus que le foudroiement est anarchique, ça tombe de tous les côtés !

5h18 : impact face à moi à environ 1 km. Impulsion unique pour celui-ci. Les canaux sont toujours aussi nets. Le rêve du photographe.

5h19 : double coup de foudre proche. Ca commence vraiment à être dangereux, je me replie dans la voiture. La pluie arrive, je tente quelques clichés mais tout est à présent noyé. Clap de fin.

Je suis fatigué (plus de 12 heures que je suis dehors) mais heureux. Je rejoins Seb qui était posté en contrebas, à Saint Amans, on échange nos impressions et on file rejoindre les bras de Morphée. Sommeil tout relatif puisque d’autres orages (noyés dans la pluie) se manifesteront en début de matinée.
En arrivant à Mende je trouve des accumulations de grêle, c’est apparemment bien tombé dans le coin.
Je n'aime pas hiérarchiser car tous les orages sont différents mais c'est peut être ma plus belle nuit orageuse depuis 10 ans que je fais ce genre de sortie sauvage ! Seul face à la nature déchaînée, en haut d'une montagne sauvage à 1551 mètres d'altitude, le top !
Clin d'oeil et merci encore à Seb pour m'avoir appelé après le premier flop.
A bientôt !
Après avoir photographié des chevreuils et un faucons crécerelle pour patienter, je décidais finalement de descendre sur le point de vue des Bondons afin d’attendre l’approche du gros MCS qui transitait entre Tarn et Hérault (sans trop d'espoir). Sur place je retrouvais Seb du valdo et sa copine (après avoir erré sur le Causse de Sauveterre à la recherche d'un point de vue que nous ne trouvâmes jamais... David Vincent style !)
Ce premier orage fût « catastrophique » d’un point de vue photo et sensations : nous étions dans la pluie stratiforme, vent dans la figure. Seulement 2-3 impacts lointains. La misère… Je m'en doutais. Soirée fichue...
00h47 : en fin d’orage je réussissais une photo montrant plusieurs impacts ascendants à partir d’antennes de télécommunication, sous la pluie stratiforme… Oui pas de quoi me satisfaire. Le point rouge au milieu est la tour Télécom de Fortunio, où je finirais la nuit. On devine un ascendant, masqué par les précipitations.

Retour sur Mende bien dégouté par la tournure des évènements. Mais à peine arrivé, Séb me téléphonait en me disant de regarder les radars : de puissantes cellules se reformaient sur le Tarn et prenaient la direction de la Lozère ! Après pas mal de tergiversations je décidais de foncer à nouveau vers le Truc de Fortunio, avec son panorama exceptionnel vers le Sud-Ouest et l’Ouest.
A peine arrivé les premiers impacts se manifestaient, en limite de l’Aveyron et de la Lozère ! Il s’agissait pour la quasi-totalité de puissants coups de foudre à impulsions multiples. J’assistais d’ailleurs à l’allumage d’un feu sur les contreforts de l’Aubrac suite à un coup de foudre se rallumant 4 ou 5 fois : hallucinant !
3h30 : illustration de cette pile électrique me fonçant dessus. Les nuages bas dans les vallées apportent une touche supplémentaire je trouve.

3h38 : base surbaissée et aspiration des stratus par le monstre. On devine nettement les nuages bas littéralement aspirés par les courants ascendants de la cellule. Fabuleuse ambiance depuis mon nid d’aigle !

3h42 : coups de foudre ramifiés. Je suis aux anges, même si c’est un peu lointain.

3h50 : tous ces impacts sont tombés en moins d’une seconde. C’est un déluge de foudre ! La base nuageuse ne s’en laisse pas compter.

4h05 : l’orage se rapproche mais en faiblissant d’un point de vue foudre. Snif…

Quelques minutes plus tard je suis avalé par un déluge de pluie et de petite grêle (1 cm max). Ce premier orage s’évacue vers le NE. Mais déjà son petit frère se présente au Sud-Ouest, toujours pile sur ma trajectoire ! Il est tout de même moins riche en foudre...
4h25 : l’activité électrique reste toutefois apte à assouvir mon plaisir de passionné de foudre

4h29 : la base nuageuse prend une forme de nuage en rouleau.

4h39 : il se rapproche petit à petit. Je suis toujours au sec, les coups de foudre sont toujours aussi nets ! Un régal

Puis je suis une nouvelle fois pris d’assaut par la grêle (toujours de petite dimension) et la pluie. Mais que vois je ? Encore une cellule qui débarque par le Sud-Ouest ?! Parfait, on ne va pas se plaindre ma foi !
Je pars sur le sommet voisin, le signal de Randon pour tenter des compositions avec la tour télécom au pied de laquelle je me trouvais précédemment. Mais je me rends vite compte que cet orage est encore plus riche en foudre, cette fois ci bien plus proche, que les précédents.
5h04 : le déluge keraunique continue. A gauche la tour Télécom. Le plafond nuageux est exquis.

Devant la beauté des coups de foudre je décide de retourner sur mon point de vue en balcon. La foudre s’abat sur le lac de Charpal (une de mes photos rêvée) mais il faut marcher 150 mètres pour avoir cette vue, le long d'une clôture métallique en crête donc je décide de rester vers la voiture par mesure de prudence (oui il m’arrive d’être un peu prudent des fois…)
5h14 : la vallée du Lot et les hauteurs de Mende se font pilonner. C’est le début de 5 mn de folie furieuse. J’ai rarement vu autant d’impacts en 5 mn.

5h15 : je décide de cadre le champ d’éoliennes de la Boulaine et bim ! (Dommage pas d’impact sur les machines)

5h16 : les impacts sont violents. Là aussi à impulsions multiples :

5h17 : sans commentaire... je commence à me faire tout petit. D’autant plus que le foudroiement est anarchique, ça tombe de tous les côtés !

5h18 : impact face à moi à environ 1 km. Impulsion unique pour celui-ci. Les canaux sont toujours aussi nets. Le rêve du photographe.

5h19 : double coup de foudre proche. Ca commence vraiment à être dangereux, je me replie dans la voiture. La pluie arrive, je tente quelques clichés mais tout est à présent noyé. Clap de fin.

Je suis fatigué (plus de 12 heures que je suis dehors) mais heureux. Je rejoins Seb qui était posté en contrebas, à Saint Amans, on échange nos impressions et on file rejoindre les bras de Morphée. Sommeil tout relatif puisque d’autres orages (noyés dans la pluie) se manifesteront en début de matinée.
En arrivant à Mende je trouve des accumulations de grêle, c’est apparemment bien tombé dans le coin.
Je n'aime pas hiérarchiser car tous les orages sont différents mais c'est peut être ma plus belle nuit orageuse depuis 10 ans que je fais ce genre de sortie sauvage ! Seul face à la nature déchaînée, en haut d'une montagne sauvage à 1551 mètres d'altitude, le top !
Clin d'oeil et merci encore à Seb pour m'avoir appelé après le premier flop.
A bientôt !
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